La liberté sur internet remise en question ?

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La liberté sur internet remise en question ?

Dans Actualité, articles de fond calendar 1/05/2007 clock 1:08

projet de loi

En marge du second tour des élections présidentielles, vous n’avez sans doute pas pu passer à coté d’un projet de loi qui attise les réflexions des français sur la vision qu’a notre gouvernement actuel d’Internet. Ce projet de loi est expliqué sur le site du Monde et nous vous invitons donc à prendre 5 minutes pour le lire. D’ailleurs, Vincent Abry en a parlé récemment.

Afin de vous mobiliser et partager vos impressions sur cet inquiétant projet, Gonzague et moi avons décidé de rédiger ce billet ensemble suite à notre vision commune. (Et oui, il va falloir faire un choix dans une semaine et ce projet nous pose à tous les deux un sacré dilemme!)

Les idées qui se dégagent de ce projet de loi peuvent se résumer ainsi:

  • Un archivage méticuleux de tout contenu publié sur internet.
  • Une conservation de toutes vos informations personnelles (Pseudos/MDP,
    numéro de carte bleue, téléphone, adresse, numéro de série de tous vos
    matériels)
  • Un historique complet de chaque visite et contribution de l’internaute
    permettant donc de les associer aux données mentionnées ci-dessus

Maintenant, essayons d’imaginer ce qu’il pourrait se passer si ce projet devenait réalité… :

Durant vos soirées de surf “peu catholiques”, vous laissez des traces ci et là. Votre FAI (Fournisseur d’Accès à Internet) en sait quelque chose et ses bases de données sont remplies d’informations qui permettent de remonter jusqu’à vous ainsi que de savoir où et quand vous étiez sur Internet et ce que vous y faisiez.

Ce type de données peut être obtenu par un tribunal compétent dans le cadre d’une affaire judiciaire. Bien sûr, cela ne se limite pas aux sites qui requièrent la majorité pour être consultés ;) . La mesure actuellement en place sert entre autres dans les procès faits aux utilisateurs téléchargeant illégalement du contenu. Rien d’anormal jusque-là… On met à profit les informations que l’on est capable d’extraire afin de faire la lumière sur tel ou tel point d’un dossier.

Les problèmes posés par le décret mettant à jour
de telles dispositions sont :

  • Perte du peu d’anonymat qu’Internet permettait jusqu’alors
  • Internautes “fliqués” (bien que ceci soit déjà le cas)

En plus de cette conservation permanente de données et ce tracking incessant, l’innovation numérique serait mise en danger, ralentie :

Imaginez les moyens considérables nécessaires à mettre en place afin qu’une telle loi soit respectée !
Les services et internautes ne pourraient pas financer tous ces moyens (archivage, tracking des visiteurs, historisation de toute modification de contenu dans le temps… ce qui signifie des quantités de données).

Maintenant que tout le monde a pris l’habitude de vivre avec internet, imaginez-vous que toute cette philosophie participative et collaborative puisse alors être freinée brusquement juste par l’adoption de ce projet. Chaque internaute aurait peur de surfer librement sous peine de se faire reprocher la moindre de ses actions un jour ou l’autre.

En plus de diminuer cette liberté qu’Internet nous offre aujourd’hui, celui-ci serait une menace encore plus grave pour le développement informatique en général.

Le comble est que ce projet devait servir à lutter contre le terrorisme….. mais en y repensant, le risque est plutôt pour le citoyen lambda, fiché, espionné à tout va.

Même si c’est paradoxal, Google a beau faire peur en se constituant une énorme base de données de nos données utilisateurs à notre insu, on peut se demander s’il est plus sain de faire confiance à Google ou à notre gouvernement connu pour ses pratiques douteuses notamment en terme de Renseignements Généraux.

Finalement, l’adoption d’une telle mesure devrait permettre à l’état de vendre un nouveau service web2.0 : constitution automatique de votre “identité numérique” dans ses moindres détails et sans contrôle de votre part.

Alors, une question : que fait-on face à de tels projets de loi ?
Allons nous-subir une nouvelle politique “Big Brother” à la française?
Allons-nous laisser l’Etat prendre le contrôle de nos vies “online” et enregistrer tant d’informations à notre sujet ?

Article écrit en collaboration avec Gonzague

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